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HOP’Talk #3 Communication responsable : l’identité visuelle de 40 Degrés, du print au digital

HOP’Talk #3 Communication responsable : l’identité visuelle de 40 Degrés, du print au digital

Quand on accompagne les entreprises dans leur transition écologique, sa propre communication doit elle aussi être questionnée. C’est tout l’enjeu du projet que Céline Janssens, fondatrice de 40 Degrés, a confié à HOPOP’UP Design à Laval (53): repenser son logo, sa charte graphique et ses supports pour concilier lisibilité, cohérence et sobriété.

Au-delà du résultat visuel, ce projet invite à se poser une question simple : que peut-on changer concrètement dans la création graphique pour limiter les consommations inutiles, sans sacrifier l’efficacité du message ? Encrage, choix des supports, usages numériques, embossage, références symboliques… Sonia Loquer, notre directrice artistique, et Céline en discutent dans un HOP’Talk consacré à leur collaboration.

Céline Janssens et 40 Degrés : accompagner la transition écologique en Mayenne

Ingénieure de formation, Céline Janssens a quitté son poste de cadre pour se consacrer aux enjeux environnementaux. Le déclic ? L’été 2022, marqué par de fortes chaleurs, qui l’amène à s’interroger sur le monde que nous préparons pour les générations futures. Le nom « 40 Degrés » fait référence à cet épisode personnel, entre fièvre de sa fille et température extérieure particulièrement élevée.

Avec 40 Degrés, basée à Changé près de Laval, elle accompagne entreprises, collectivités et établissements scolaires dans leur transition écologique. Son activité combine sensibilisation et accompagnement : Fresque du Climat, Fresque du Numérique, atelier 2tonnes, réalisation de Bilans Carbone®, formation et stratégie RSE.

Sa démarche repose sur la compréhension des enjeux et la mise en action. Il fallait que son identité visuelle porte un message aussi clair que son accompagnement. Découvrez son activité sur https://www.40degres.fr/.

Pourquoi changer de logo quand on parle de sobriété ?

Refaire un logo peut sembler paradoxal lorsque l’on encourage à consommer moins. Pourtant, une identité mal conçue peut multiplier les difficultés d’utilisation et les adaptations.

Céline l’a expliqué elle-même : son ancienne charte associait un fond très sombre à plusieurs palettes, ce qui compliquait l’impression et consommait beaucoup d’encre. Autre problème plus inattendu : certaines personnes lisaient « 4 Degrés » au lieu de « 40 Degrés ».

La refonte menée avec Sonia répondait donc à des besoins précis : améliorer la lisibilité, retrouver de la cohérence et disposer d’une identité plus sobre, déclinable sur les supports réellement utilisés. Le « 0 » a notamment été renforcé pour mieux se distinguer du « 4 ». Ce travail rappelle qu’un logo réussi doit d’abord être compris et rester utilisable, à petite comme à grande échelle.

La théorie du donut : une référence qui donne du sens au logo

Le logo de 40 Degrés renvoie également à la théorie du donut développée par l’économiste Kate Raworth. Derrière cette image familière se trouve une idée essentielle : répondre aux besoins fondamentaux de chacun sans dépasser les limites écologiques de la planète.

Le cercle intérieur représente le plancher social : santé, alimentation, logement, éducation et autres conditions nécessaires à une vie digne. Le cercle extérieur représente le plafond écologique, correspondant aux limites planétaires. Entre les deux, l’anneau dessine un espace socialement juste et écologiquement sûr.

Céline a confirmé que cette théorie inspire le logo de 40 Degrés. Le signe graphique devient ainsi un rappel des convictions de l’entreprise, au-delà de son rôle d’identification. La flèche qui entoure subtilement une planète évoque aussi l’accompagnement et le mouvement collectif vers la transition, selon la présentation qu’elle a faite de sa nouvelle identité.

Pour approfondir : https://www.kateraworth.com/doughnut/ et https://www.40degres.fr/blog/.

Limiter le taux d’encrage à l’impression : un choix de conception

Lorsqu’on imagine une carte, une brochure ou un document destiné à l’impression, les couleurs ne sont pas qu’une affaire de goût. Un grand aplat sombre peut nécessiter un dépôt important d’encre, selon les procédés et les réglages de l’imprimeur.

Le taux d’encrage désigne, dans la préparation des fichiers en quadrichromie CMJN, la somme des pourcentages de cyan, magenta, jaune et noir appliqués à un point donné. Ce taux total est encadré par les contraintes du procédé, du papier et du profil colorimétrique. Il ne faut pas le confondre avec la quantité totale d’encre consommée sur un tirage, qui dépend aussi de la surface imprimée et d’autres paramètres.

Dans le cas de 40 Degrés, la remise en question de l’ancien fond sombre a permis de chercher un univers graphique moins chargé et mieux adapté aux supports imprimés. Un fond plus clair, des aplats mieux maîtrisés et une mise en page aérée peuvent limiter certaines consommations d’encre, selon la fabrication choisie.

Il n’existe toutefois pas de taux d’encrage maximal universel garantissant une impression « écologique » : les valeurs admissibles dépendent des caractéristiques techniques. Le dialogue avec l’imprimeur reste indispensable pour calibrer les fichiers, leur rendu et leur consommation de ressources. Et réduire l’encrage n’efface ni l’impact du papier ni celui du transport ou du tirage.

Une charte graphique adaptée au print ET au digital

Copier exactement une même composition sur une plaquette et un écran n’est pas toujours judicieux. Les deux usages n’ont pas les mêmes contraintes.

Côté print : privilégier le blanc pour limiter l’encrage

Pour les supports imprimés de 40 Degrés, la charte privilégie les fonds blancs, les espaces aérés et une utilisation maîtrisée des couleurs. En impression classique sur papier blanc, laisser une zone non imprimée évite d’y déposer de l’encre, contrairement à un grand aplat sombre. Ce choix permet donc généralement de réduire la quantité d’encre utilisée, tout en favorisant la lisibilité.

Attention à distinguer deux notions : le taux d’encrage total d’un point, mesuré en pourcentages CMJN, et la consommation globale d’encre sur un document, qui dépend aussi des surfaces imprimées. Ici, c’est notamment la réduction des surfaces fortement encrées qui compte. La fabrication, le papier et les quantités restent également à considérer.

Côté digital : une déclinaison sombre adaptée à certains écrans

Pour les supports numériques, 40 Degrés dispose au contraire d’une déclinaison plus foncée de son identité visuelle. Cette approche peut présenter un intérêt énergétique sur les écrans OLED et AMOLED : leurs pixels produisent eux-mêmes la lumière, et l’affichage de couleurs sombres consomme généralement moins d’énergie que celui de grandes surfaces claires. Les pixels noirs peuvent même être éteints.

Ce bénéfice ne s’applique pas de la même façon aux écrans LCD, équipés d’un rétroéclairage, et son ampleur varie avec la luminosité réglée. Une étude de l’université Purdue a mesuré, sur les smartphones OLED testés dans des conditions d’usage courantes, des économies moyennes de 3 à 9 % de la consommation totale du téléphone lors du passage en mode sombre. Ce chiffre ne constitue pas une mesure d’économie propre aux supports de 40 Degrés.

Une déclinaison sombre doit évidemment préserver la lisibilité, les contrastes et l’accessibilité, y compris sur mobile.

Une seule identité, deux choix de conception

Sur papier, davantage de blanc pour limiter les surfaces encrées. Sur certains écrans, des fonds plus sombres susceptibles de réduire la consommation liée à l’affichage. La charte de 40 Degrés illustre ainsi une communication responsable adaptée aux usages, plutôt qu’une règle graphique identique imposée partout. Ces choix ne suffisent pas, à eux seuls, à démontrer une réduction chiffrée des émissions carbone.

L’embossage : créer du relief sans ajouter systématiquement de l’encre

Parmi les pistes de finition évoquées dans ce projet figure l’embossage, une technique qui crée un relief sur le papier par pression. Elle peut offrir un résultat discret et tactile sans nécessiter, pour l’effet lui-même, une couche d’encre supplémentaire.

Sur une carte ou un support de présentation, cette finition permet de jouer sur la matière plutôt que de multiplier les effets graphiques. Un résultat sobre peut ainsi conserver une vraie personnalité.

Mais attention : un embossage nécessite un outillage et une opération de fabrication. Il serait donc trompeur de le présenter comme automatiquement moins émetteur de carbone qu’une impression classique. Sa pertinence dépend du papier, des volumes, de la technique retenue et de la durée d’utilisation du support. Le bon réflexe consiste à étudier ces paramètres avec le fabricant, pas à supposer que l’absence d’encre signifie « zéro impact ».

Sobriété graphique et émissions carbone : quel lien réel ?

La sobriété graphique consiste à se concentrer sur l’essentiel : des messages utiles, des informations hiérarchisées, des supports conçus pour durer et des éléments visuels adaptés à leur destination. Elle peut notamment éviter des impressions superflues, des rééditions trop fréquentes et des fichiers inutilement lourds.

Mais la couleur d’un logo ou la taille d’un fichier ne permettent pas, à elles seules, de chiffrer une économie d’émissions de gaz à effet de serre. Pour parler de réduction carbone, il faut définir un périmètre, connaître les matériaux, les quantités, les étapes de fabrication, la diffusion et les usages, puis comparer des scénarios équivalents.

C’est justement l’une des expertises de Céline chez 40 Degrés : aider les organisations à comprendre et mesurer leurs émissions à travers la démarche Bilan Carbone®. Dans une communication responsable, cette rigueur évite de transformer une intention positive en promesse environnementale invérifiable.

Une communication plus responsable, sans sacrifier son identité

La démarche ne consiste pas à supprimer les couleurs, renoncer au papier ou rendre toutes les marques identiques. Elle consiste à interroger chaque décision : ce support est-il nécessaire ? Sera-t-il réellement utilisé ? Est-il lisible par les publics concernés ? Peut-il durer ? Existe-t-il une déclinaison plus adaptée ?

Pour Céline, notre accompagnement a relié ces questions à une identité plus cohérente et professionnelle. Pour notre équipe, c’est aussi une illustration du rôle du design graphique : traduire des valeurs en choix concrets, et pas seulement en intentions.

À découvrir dans notre HOP’Talk avec Céline et Sonia

Pourquoi revoir une identité existante ? Comment choisir des supports cohérents avec les objectifs d’une entreprise ? Quels arbitrages faire entre impression et numérique ? Céline Janssens et Sonia Loquer reviennent sur le projet 40 Degrés et leurs échanges autour de la communication responsable.

Regarder la vidéo : https://youtu.be/bSFiQ4orS4U

Vous réfléchissez à votre logo, votre charte graphique ou vos supports ? HOPOP’UP Design accompagne les entreprises, commerces et associations dans leurs projets de communication, de la stratégie à la création.

HOPOP’UP Design – Agence de communication et de design global à Laval (53)
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